SOciété Française des HYgiénistes du Travail
Affiliée à l'IOHA (International Occupationnal Hygiene Association)

Recherche d'intervenant

Un candidat pour assurer 2 jours de formation en hygiène du travail à des élèves ingénieurs en dernière année ?

L’école Hubert Curien de Bourges forme des ingénieurs en « INGENIERIE ET GOUVERNANCE DES RISQUES ».
Depuis la création, des membres de la SOFHYT se sont succédés pour assurer un cours sur l’hygiène du travail.
Cette année, l’école recherche un nouvel intervenant pour le module de formation de 12 heures intitulé "hygiène industrielle", dispensé à des ingénieurs en dernière année de formation.
Contact : Mélanie FETTICK CFSA Hubert Curien Recrutement des enseignants 02 48 67 80 08 - Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

http://www.ecole-curien.fr/ecole-dingenieurs/qhse/ingenieur-risques/

Si la vacation rémunérée vous intéresse, n’hésitez pas à prendre contact directement avec l’école.
Nous pouvons vous transmettre des présentations des années passées.

 

Sans titre

Retour sur le forum 2017 : Hygiène du Travail : évaluer l’exposition professionnelle sans la mesurer

La SOFHYT (Société Française des Hygiénistes du Travail) a organisé son forum annuel le 23 juin 2017 sur le thème « Hygiène du Travail : évaluer l’exposition professionnelle sans la mesurer».
Après le forum 2016 sur « mesurer l’exposition au travail », 2017 s’est attaché à détailler les pratiques à mettre en œuvre pour évaluer un risque sans le mesurer.

IMG 2218Après une revue des exigences réglementaires générales par Frédérique PARROT (SOFHYT), Peggy MATHIEU (DGT) et Patrick MOUREAUX (INRS) ont dédramatisé le risque électromagnétique. Ces présentations sur ce sujet nouveau et complexe ont été appréciées de l’auditoire qui a notamment remercié pour la démonstration de l’outil OSERAY.

Une deuxième partie a détaillé 2 approches pour caractériser les risques pour la santé. Le Professeur MALCHAIRE d’abord, a présenté la démarche SOBANE. Cette dernière propose en effet de graduer les ressources et la technicité en fonction de l’importance du risque.

L’enquête SUMER a ensuite été présentée par Sarah MEMMI (DARES) et Martine LEONARD (DIRECCTE). Ce fût l’occasion de confirmer l’importance de maintenir un échange constant entre médecins du travail et hygiénistes du travail en entreprise.

Comme à son habitude, le forum a dédié son après-midi aux retours d’expériences en entreprises. Plusieurs risques ont été traités, à commencer par le risque chimique. Badr CHAKIR (LUBRIZOL) a fait des heureux en proposant l’outil développé pour faciliter l’analyse des scénarii d’exposition dans le cadre de REACH. Françoise MARCENAC (SOLVAY) a montré un outil interne d’évaluation des risques dans un contexte international, et sa comparaison à l’outil SEIRICH.

Très dynamiquement, Marial BOUVIN (3M) a fait profiter l’assemblée de la démarche ergonomie qui consiste notamment à rester au plus près des acteurs de terrain et des bénéfices visibles.
Pour conclure, Raymond VINCENT nous a entraîné dans une rétrospective de toute une carrière consacrée au risque chimique à l’INRS.
Une cinquantaine d’hygiénistes du travail sont venus chercher des outils techniques, d’autres des contextes réglementaires ou historiques, d’autres enfin ont élargi leur réseau professionnel. C’est en cela que cette journée annuelle est faite pour tous.

Collectivement, la journée a répété l’importance de privilégier une graduation des ressources et des compétences affectées à l’évaluation des risques sans mesurage. A plusieurs reprises, il a été montré que des évaluations simples pouvaient être conduites efficacement par les personnes affectées aux postes de travail. Mais aussi, le forum a montré que le risque doit être géré en s’adaptant à son environnement et aux praticiens. C’est la communion de la technicité de tous les professionnels qui rendra encore plus efficace la prévention des atteintes à la santé liées au travail.

Rendez-vous au forum 2018.

Appel d’un hygiéniste du travail qui participe au groupe de travail Santé/Environnement de Médecin du Monde

Médecin du Monde recherche des bénévoles pour intervenants pour des présentations sur les problématiques sur les axes santé/travail et santé/environnement. Ex. : pesticides, déchets, pollution de l'air...

Exemples d'un projet mené sur le travail informel du recylcage de déchets électronique à Manille (Philippines) :http://www.medecinsdumonde.org/fr/actualites/portfolio/2015/12/06/recycler-sans-danger

Une réunion Médecins du monde est en cours de planification fin mars. Le délai est probablement un peu court pour vous, mais notre demande s'inscrit aussi sur le long terme à l'occasion d'autres réunions et échanges.

Contact : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Vincent MOISSETTE
06 09 20 80 43
Linkedin

La SOFHYT soutient le projet NanoResp

La SOFHYT soutient les réflexions de NanoResp.

Pour vous informer, les films et présentations de la conférence NanoLille du 10 mars 2017 sont disponibles aux liens suivants :

1) Le film complet de la journée :

http://lille1tv.univ-lille1.fr/collections/collection.aspx?id=308c82be-b4dc-4e63-b8a4-27f7e4896711

2) Toutes les présentations :

https://www.dropbox.com/sh/k8crvgtb1rs61pt/AABH34emgVMSFrhcjcgO-ah8a?dl=0

ou à partir du site général du projet chercheurs-citoyens Nanoscoope : http://nanoscoope.iemn.univ-lille1.fr/


Une publication intitulée « trois ans de dialogue des parties prenantes sur les nanotechnologies » est publié et disponible ici.

C’est l’occasion de faire le point sur les communications proposées depuis 3 ans et faire l’état des connaissances sur ce sujet émergent.
La vision des hygiénistes y est notamment proposée.

Bonne lecture.

 

Hygiénistes du travail, la balle est dans notre camp !

 Si vous souhaitez contacter les auteurs pour commenter l'article, ils sont joignables sur leur page Linkedin.

 

Hygiénistes du travail, la balle est dans notre camp !

Vincent PERRET co Directeur Société Toxpro, Genève, Suisse
Hygiéniste du travail certifié SSHT, SOFHYT
Antoine LEPLAY – Consultant en Hygiène Industrielle, Lyon, France.
Hygiéniste du travail certifié SOFHYT,

 

Hygiéniste du travail, une profession méconnue

Pas mal de nous-autres hygiénistes avons coutume de commencer nos présentations sur l'hygiène du travail par une slide humoristique afin de montrer ce que notre discipline n'est pas. Oui, nous en sommes là, encore beaucoup de gens pensent que l'hygiéniste du travail s'occupe de la propreté des locaux et des sols (voir des WC s'il est expérimenté) dans l'entreprise.

Concrètement, les hygiénistes du travail1 sont les spécialistes réalisant les évaluations des risques d’expositions du poste de travail (poussière, solvants, rayonnements, bruit, vibrations, etc.), proposant des mesures de prévention, et pouvant également vérifier la conformité de ces expositions par rapport aux valeurs limites admissibles, telles que VME,VLE, SUVA, TLV, etc.

Voilà, tout est mis en place, mais pour autant, trop peu d'entreprises font appel à ces spécialistes et par conséquent trop peu d'entreprises 2 sont au fait des niveaux d'exposition de leurs travailleurs et la grande majorité ne sont capables ni d’apporter à leurs salariés l’assurance que leurs risques professionnels sont maitrisés, ni de documenter et garantir leur conformité en regard des valeurs limites d'exposition, Alors pourquoi ?

A nous écouter, la situation est assez claire. Nous sommes à la fois victime des entreprises qui, pour la plupart se ficheraient de la santé de leurs collaborateurs ET aussi victimes de l'ostracisme des autres spécialistes de la sécurité au travail qui, une fois entrés dans les entreprises, ne nous font pas de place. Ostracisme forcément jaloux car NOUS, hygiénistes du travail, pourrions-nous considérer comme seuls dépositaires d'un savoir que nous devons prodiguer aux entreprises pour les sauver, et cela même malgré elles. Notre leitmotive pourrait être : "Tu dois faire appel à moi, tu n'es pas hygiéniste !"
Aussi, trop souvent, nos expertises et conclusions ne semblent pas comprises, nos rapports décrivant toute la complexité de la situation ne sont pas lus et sommes rarement rappelés pour valider l'efficacité de nos recommandations si l’ Entreprise souhaite les mettre en œuvre.

 

Et si l'hygiène du travail souffrait des hygiénistes ?

La cause est donc entendue, c'est forcément à cause des autres ... Bon, c'est une réalité que nous n'allons pas gommer, il existe bien des entreprises pour lesquelles la santé au travail et sécurité n'ont pas la priorité qu’elles méritent et il existe bien des spécialistes qui pensent tout savoir et savoir tout faire et qui ne se sentent pas entendus...

Mais, au-delà de ça, est-ce que le frein à l'intégration de l'hygiène du travail dans les entreprises ne serait-il pas principalement du fait des hygiénistes eux- mêmes ?

Ce qui devrait être une image d'Epinal reste encore bien souvent malheureusement l'actualité de notre approche. L'hygiéniste arrivant en entreprise avec ses pompes et ses tubes, rendez-vous bloqué plusieurs semaines à l'avance pour mesurer à 5% d'incertitude l'exposition de 2 opérateurs et résultats rendus dans 3 mois sous la forme d'un rapport technique impossible à comprendre sans le faire revenir (et encore, sans garantie).

 

Pour la promotion des méthodes d’auto-évaluation des risques

Il est temps de changer de paradigme. L'hygiéniste est un spécialiste, à la compétence reconnue pour évaluer des situations de travail, mais la plupart de ces situations ne nécessitent pas d'emblée de dégainer toute la panoplie lourde de la métrologie dont le spécialiste du domaine se ferait fort.

Une grande partie des évaluations de risques d’exposition peuvent êtr réalisées en interne dans les entreprises (on parlera de méthodes d’auto- évaluation) avec le simple encadrement de la ligne d’encadrement, et moyennant une formation préalable.

De nombreuses méthodes d’auto évaluation des risques d’exposition existent, en faire l’inventaire n’est pas l’objectif de cet article. Dans le domaine du risque chimique, on pourrait citer par exemple :
       - Des méthodes de screening des risques d’exposition 3 basées sur l’analyse et la cotation de données des dangers et sur la cotation et modélisation des expositions basées sur l’observation des pratiques réelles de travail
       - Des méthodes d’évaluation quantitatives des expositions simplifiées, au détriment de la précision de la mesure (Badges passifs 4 par exemple pour de nombreux composés organiques volatiles)
       - Enfin, des cartographies semi quantitatives d’exposition 5 , effectuées avec des analyseurs à lecture directe préalablement calibrés 6

Le point commun entre ces trois exemples de méthodes d’auto-évaluation est qu’il s’agit de méthodes plus simples, plus rapides à mettre en œuvre, et susceptible de générer une information directement assimilable par le management.

Aussi, faire entrer des méthodes d’auto évaluation des risques dans l’entreprise, ce n'est pas tuer le métier de métrologie conventionnelle et dûment calibrée auquel l’hygiéniste est souvent très attaché, c’est plutôt mettre celui-ci à sa juste place. Recentrer le rôle de l’hygiéniste du travail de sa fonction de mesureur vers une fonction de conseil auprès du manager pour le déploiement d’une stratégie adaptée d’évaluation des risques et contrôle que l’entreprise puisse s’approprier et intégrer comme leviers de prévention, là est l’enjeu.

Et rien n’empêche, au cas par cas, de faire valoir la qualité et la fiabilité de ces auto-évaluations pour qu’elles trouvent leur place et simplifient le processus normalisés 7 de contrôle d’exposition, dont nous disions plus haut que leur complexité technique a trop fait souvent la réputation de l’Hygiéniste du Travail.

 

Non, -indicateur- n'est pas un gros mot !

Pour encore beaucoup d'entre nous, un indicateur 8 est presque un gros-mots, une simplification menant au simplisme, gommant la nécessaire complexité d'une situation .. et bien non, : les indicateurs sont la grammaire, l'outil principal, l'ADN des managers et des décideurs 9 , ceux-là même qui vont lire nos rapports, décider des actions à mettre en œuvre 10 , et s’assurer de leur déploiement !
Grand temps de nous y mettre, non ?

 

Conclusion, chers confères, chers amis, apprenons plutôt aux entreprises à pêcher qu'à leur apporter du poisson mal préparé.

Les méthodes d’auto-évaluation sont parfois perçues par la profession comme un tueur du métier d’Hygiéniste du travail. Nous sommes là pourtant dans une évolution nécessaire de notre profession et par conséquent de son futur. Par expérience, les approches d’auto-évaluation ont de nombreuses vertus. Tout d'abord, elles permettent aux entreprises d'intégrer la gestion de leurs risques, plutôt que de les externaliser et cela facilite grandement leur prise en compte. Elles gagnent aussi en souplesse d'organisation et en réactivité. Ces outils apportent une vision large de screening permettant d'orienter les ressources d'un hygiéniste spécialisé sur des situations problématiques pour des analyses de postes et situations spécifiques. A ce titre, elles collent parfaitement au principe du 80/20 : 80% d’un programme de prévention qui soit couvert avec 20% des ressources !

Et, cerise sur le gâteau, comme dit précédemment, elle nous donne l'occasion d'investir le champ de la stratégie et du management dans les entreprises et c'est là où tout se joue. Encore faut-il en connaître les codes et les besoins !

En résumé, chers confrères, consœurs, amis, amies,
      - Simplifions et intégrons nos approches dans les entreprises ! Il en va de la santé des travailleurs et de l'avenir de notre belle et nécessaire profession.
      - Notre vrai savoir-faire est de proposer des approches d’intervention adaptées au contexte de l’entreprise, parmi lesquelles toute une palette de méthodes d’auto évaluation reste encore à initier et déployer.
      - Echangeons ensemble et motivons-nous autour des expériences réussies de mis en place et de gestion de programmes d’hygiène du travail que le management se sera pleinement appropriées.

1 Selon l’association internationale d’Hygiène du Travail, l’IOHA, “Occupational Hygiene has also been defined as the practice of identifying of hazardous agents; chemical, physical and biological; in the workplace that could cause disease or discomfort, evaluating the extent of the risk due to exposure to these hazardous agents, and the control of those risks to prevent ill-health in the long or short term”
2 Raymond Vincent, « Les produits chimiques, des risques souvent ignorés » Hygiène et Sécurité du Travail, INRS, n°238, mars 2015
3 C. Rochin, Critical Task Exposure Screening CTES Screening Tool for Chemical Risk Assessment in Solvay, BOHS Conference, April 2016
4 V.Perret, S.Golz, Evaluation des expositions aux substances chimiques à la place de travail. Application des méthodes de self-assessment dans le cadre d’une évaluation muti-sites chez Firmenich. 2e Congrès Olfaction et Perspectives, Cosmetic Valley, Mars 2015
5 S. Bault, O. WitSchger, Metrologie en temps réel des substances chimiques au poste de travail, intérêt et limites, Hygiène et sécurité du travail – n°239 – juin 2015
6 P. Poirot, Determination of Short-term Exposure with a Direct Reading Photoionization Detector, Ann. occup. Hyg., Vol. 48, No. 1, pp. 75–84, 2004
7 Exemple : norme EN689, § 5.1.4, Estimation of exposure, et possibilité de méthodes alternatives d’évaluation des expositions par modélisation.
8 Roger Pullin “CIA’s Sustainable Health Metrics Indicator Tool, Reinvigorating Occupational Health”, CIA, April 2012
9 Danny Martland “Managing Occupational Hygiene in a Multinational Company” BOHS Conference, April 2016,
10 Antoine Leplay “Example of a Industrial Hygiene volunteer initiative enabling to anticipate and control risks of exposure to chemicals with special hazards”, Issa Symposium, Paris, June 2016